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Achraf Hakimi, le capitaine qui a réécrit l’histoire du football africain

Il y a des carrières qui se racontent en buts. Celle d’Achraf Hakimi se raconte en trophées soulevés, en brassards portés, et en un pays entier qui, pour la première fois, s’est vu incarné par l’un des siens sur les plus grandes scènes du football mondial. À 27 ans, le latéral droit du Paris Saint-Germain et capitaine des Lions de l’Atlas n’est plus seulement le meilleur joueur marocain de sa génération. Il est devenu, par la densité et la nature de son palmarès, le joueur africain le plus titré de l’histoire du football moderne.
Un palmarès qui n’appartient à aucun autre Africain
Le chiffre, à lui seul, impose le respect : trois Ligues des champions, décrochées avec deux clubs différents, sur deux décennies différentes de sa carrière. La première, en 2018, sous le maillot du Real Madrid, où il est promu en équipe première par Zinédine Zidane après être passé par toutes les catégories de la Fábrica. Les deux suivantes, consécutives, en 2025 puis en 2026, avec le Paris Saint-Germain — un club qu’il a lui-même contribué à faire basculer dans une autre dimension continentale.
À cela s’ajoutent cinq titres de champion de France consécutifs, de 2022 à 2026, une razzia qui fait de lui l’un des joueurs les plus décorés du championnat sur la période. Une Coupe du monde des clubs avec le Real Madrid en 2017. Un titre de champion d’Italie avec l’Inter Milan en 2021, acquis dans une saison où il s’impose immédiatement comme titulaire indiscutable sous Antonio Conte. Une Supercoupe d’Allemagne avec le Borussia Dortmund en 2019, lors de son prêt formateur en Bundesliga. Deux Coupes de France et une Supercoupe de l’UEFA, décrochée en 2025 face à Tottenham.
Peu de joueurs, toutes nationalités confondues, peuvent revendiquer un tel niveau de régularité au sommet, dans quatre championnats différents, sous les couleurs de quatre clubs majeurs européens. Aucun joueur africain, avant lui, n’avait construit une telle collection.
Le brassard qui a changé le Maroc
Mais réduire Hakimi à une liste de trophées de clubs serait passer à côté de l’essentiel. Car c’est avec le brassard des Lions de l’Atlas sur le bras que le natif de Madrid a écrit les pages les plus marquantes de son histoire personnelle — et de celle du football marocain.
Décembre 2022 : le Maroc devient la première nation africaine et arabe à atteindre les demi-finales d’une Coupe du monde. Hakimi, capitaine de fait sur le terrain aux côtés de Romain Saïss, y est l’un des artisans majeurs — jusqu’à ce tir au but, exécuté avec un sang-froid désormais légendaire, en Panenka assumé face à l’Espagne en huitièmes de finale, qui a fait basculer le Maroc dans une autre histoire.
Été 2024 : la médaille de bronze olympique avec la sélection marocaine à Paris, un exploit qui confirme, s’il en était besoin, la profondeur du réservoir marocain — et l’aura de son capitaine emblématique, présent pour porter les jeunes générations.
2025 : la Coupe d’Afrique des Nations, disputée et remportée à domicile, sur le sol marocain. Un sacre continental que le Maroc attendait depuis des décennies, obtenu devant son propre public, avec Hakimi en figure de proue d’une génération dorée.
Le leader silencieux
Ce qui frappe, chez Hakimi, ce n’est pas l’esbroufe. C’est la constance. Sur le terrain, il est partout : dans le dernier geste défensif qui sauve une action, dans le centre millimétré qui casse un bloc bas, dans la percée académique qui déséquilibre une défense entière. Hors du terrain, les témoignages de ses coéquipiers en sélection convergent tous vers le même constat : un capitaine qui fédère par l’exemple plus que par le discours, respecté autant par les cadres historiques du vestiaire que par les plus jeunes talents qui découvrent l’équipe nationale.
À Paris, il est devenu l’un des cadres du projet QSI, l’un des rares survivants de plusieurs générations d’entraîneurs et de recompositions d’effectif, preuve d’une valeur que le club n’a jamais songé à remettre en question. Sur les flancs du money-time des grandes soirées européennes, c’est souvent vers lui que se tourne le regard des observateurs.
Une empreinte qui dépasse le sport
Au-delà des statistiques, il y a ce que représente Hakimi pour toute une génération de jeunes footballeurs marocains et africains : la preuve vivante qu’un joueur formé loin du continent peut en devenir l’un des ambassadeurs les plus titrés, sans jamais renier ses racines. Chaque sélection, chaque brassard porté avec les Lions de l’Atlas, chaque trophée soulevé à l’étranger renvoie inévitablement à cette question que l’histoire tranche déjà d’elle-même : qui, avant lui, avait construit un tel parcours sous les couleurs d’un pays africain ?
À l’heure où ce bilan continue de s’écrire, une chose est déjà acquise : Achraf Hakimi n’est plus seulement l’un des meilleurs latéraux droits de sa génération. Il est devenu la référence absolue du football africain au XXIe siècle.

